Malemort-du-Comtat

Quelques points d’histoire

Pour le très lointain passé: on a des preuves certaines de peuplement datant du néolithique (5000 ans av JC) ; pointes de flèches, fragments de poterie, découverts sur le site primitif du village (la Bonnefont) ; sculptures et débris d'habitat dans la grotte de Unang. D'autres vestiges :lampes, tuiles, vases... témoignent de la présence romaine sur le territoire de la commune. L'aube du christianisme est attestée pour nous par la découverte d'un autel pré- roman à St Antonin proche du site de la Bonnefont. Une partie de cet autel est exposée dans le hall de la Mairie.
De la période trouble, qui va du Ve au XIIe siècle, marquée par les Grandes Invasions, nous ne citerons que la 1 ère invasion arabe qui s'est traduite par une occupation de courte durée, (725-740), mais qui a laissé des traces durables dans la mémoire collective. Il semble en effet que les Provençaux étaient plutôt favorables aux occupants, les «sarrasins », qui avaient respecté leurs institutions ancestrales (Cf: F. Rousset). La répression franque fut brutale. Des combats très violents eurent lieu entre Carpentras et Malemort. La légende veut qu'une bataille ait eu lieu à Malemort (Calvias à l'époque), qui aboutit à un massacre dont ne furent sauvés qu'une vieille femme et son coq. D'où la figure du coq dans le blason du village et sa devise: « ortus a morte » (né de la mort).
A partir du Xlle siècle, l'histoire de notre région est certes mieux connue. Mais ce qu’il nous semble important de souligner ici, c'est ce que notre village doit à son appartenance au Comtat Venaissin et à ses liens très particuliers avec les « seigneurs-évêques » de Carpentras (qui furent longtemps aussi « barons de Malemort »).
Rappelons que le Comtat Venaissin demeura sous l'autorité pontificale pendant plus de 5 siècles, de 1 274 à 1791. Carpentras en était la capitale.
Etre comtadin présentait des avantages certains, en particulier celui de ne pas payer la « Gabelle », et aussi de bénéficier de la sollicitude des papes. Par exemple, lors de la disette de 1788, fut envoyé au Comtat du blé italien à un prix avantageux.
Avant même la cession du Comtat au Pape, Malemort était devenu un « fief franc » ; cela signifiait que le village n'avait pas d'obligations militaires. Le village tenait alors « Parlement » (on sait que au moins un de ces « parlements » s'est tenu sur la place St Félix). En 1293, une transaction avec le « seigneur évêque » fixe la dîme à un taux bien inférieur à celui des autres fiefs.

Ces liens particuliers de Malemort avec Carpentras se consolidèrent au cours des siècles à cause de l'habitude que prirent les évêques de séjourner de plus en plus souvent dans leur « campagne » de St Félix sise sur le territoire de Malemort. C'est sans doute à cause de ce voisinage que les Malemortais durent d'être presque totalement épargnés, grâce à des mesures efficaces *3, par les épidémies successives de peste qui sévirent notamment en 1587 et en 1628/29 (3000 morts à Carpentras). Par contre la « Peste Noire » de 1348 avait touché sans doute plus de la moitié des Malemortais.

Il faut mentionner ici le fameux « mur de la peste », dont le but était d’interdire l’entrée des pestiférés sur le territoire du Comtat, et à la construction duquel les Malemortais durent collaborer (vers 1720). C'était un projet grandiose (30 à 40 km !) qui n'eut qu'un début d'exécution (certains circuits pédestres permettent d'en voir des vestiges...).

La période révolutionnaire ne présente pas pour Malemort d’originalités particulières. Un point à noter cependant : l’application scrupuleuse des instructions de la Convention concernant le « Culte de la Raison ».On peut encore lire au fronton de l’église l’inscription : « Le peuple françois reconnoît l’être suprême et l’immortalité de l’âme ».

Rappelons que c’est en 1791 que le Comtat fut rattaché à la France.

Suite