Malemort-du-Comtat

La cerise : et si on cherchait à en savoir plus ?


A Malemort, les cerisiers sont un des éléments principaux du paysage rural avec la vigne et les oliviers, au point que, peut-être, on oublie de s’émerveiller sur la beauté sans cesse renouvelée des étendues fleuries au printemps, puis sur les arbres rougis du début de l’été et sur les troncs magnifiques de robustesse que révèle l’hiver. Van Gogh a su rendre à la fois la légèreté des floraisons et la rudesse de l’écorce dans des tableaux moins connus que ceux des oliviers ou des iris.
Mais il n’en n’a pas toujours été ainsi. Autrefois, c’étaient les céréales et l’olivier qui couvraient le territoire agricole de Malemort, les cerisiers étant relégués sur les talus et les terrains inaptes aux céréales. L’évolution de la production céréalière et le gel des oliviers a conduit les agriculteurs à revoir leurs productions et la plantation de cerisiers s’est développée en même temps que s’étendait la culture des vignes à raisin de table.

Mais, d’où vient la cerise ?

D’abord, le mot lui-même : certains prétendent que le mot cerise est une déformation du sanscrit « karaza » signifiant : « Quel jus ! quelle saveur ! ». Mais cette prétention est discutable. C’est du mot grec «kerassos », qui signifie « corne », que vient le nom français cerise, et le mot espagnol, « cereza ». Car, si la cerise arrive chez nous de l’Europe du sud-est, en fait, elle vient d’encore plus loin. La légende dit que, partis d’Orient, les oiseaux laissent tomber des noyaux tout au long de leur envolée vers l’Occident , et c’est ainsi qu’elle se retrouve en Grèce, puis à Rome où elle garnit la table de Lucullus. Ce célèbre gastronome était général de profession et aimait rapporter de ses nombreuses campagnes l’épice rare, le fruit insolite qui apporteraient une touche nouvelle à sa quête du goût et de l’harmonie des saveurs. C’est ainsi qu’il rapporte la cerise d’Asie Mineure en Italie. Plus tard, l’empereur Charlemagne ordonne, dans son royaume, de planter les cerisiers aux côtés des mûriers. Au Moyen-Âge, la cerise entre dans les menus, crues ou cuites dans le vin et servie comme dessert. C’est en 1768 que les horticulteurs français disposent du porte-greffe, le Prunus mahaleb ou Sainte-Lucie, toujours largement utilisé actuellement dans la plupart des vergers. Les recherches horticoles, notamment celles menées par le centre d’expérimentation de la SICA Latapy de Carpentras, viennent de mettre au point un nouveau porte-greffe, le Maxma qui offre l’avantage d’être plus petit et donc de limiter les tailles et de faciliter la cueillette.

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